L’ibrutinib: l’espoir d’une nouvelle thérapie ciblée dans le traitement de lymphomes B

Catherine Thieblemont

Publiée dans la prestigieuse revue The Lancet Oncology, une étude co-signée par l’équipe du Pr Catherine Thieblemont, chef du service d’Hématologie-Oncologie à Saint-Louis, suscite l’espoir d’une avancée thérapeutique majeure dans le traitement de lymphomes B de mauvais pronostic.

Il s’agit d’une étude clinique de phase 1b qui a évalué une nouvelle thérapie ciblée, l’ibrutinib*, utilisée en première ligne de traitement en association avec le traitement immunochimiothérapie standard des lymphomes B exprimant tous le biomarqueur CD20. Les pathologies sélectionnées pour lesquelles les patients n’ont pas reçu de premier traitement sont des lymphomes diffus à grandes cellules, des lymphomes du manteau et des lymphomes folliculaires. L’essai mené de juin 2012 à mars 2013 a concerné 33 patients âgés de 18 ans et plus, répartis sur 6 centres aux USA et en France.

Les résultats obtenus ont établi qu’une dose recommandée d’ibrutinib (560mg) administrée par voie orale 1 fois par jour est bien tolérée lorsqu’elle est ajoutée au traitement standard. Elle n’induit pas d’effet toxique supplémentaire et les résultats sur la survie des patients sans progression de la maladie semblent très encourageants.

Actuellement une étude randomisée de phase 3 (2 groupes sont répartis au hasard; l’un avec et l’autre sans ibrutinib) est en cours d’évaluation sur un plus grand nombre de patients afin de confirmer le bénéfice du produit lorsqu’il est combiné au traitement standard.

Le service d’Hématologie-Oncologie du Pr Catherine Thieblemont a été l’un des tous premiers centres coordinateurs en France pour évaluer l’efficacité de l’ibrutinib dans les lymphomes de type B réfractaires à la chimiothérapie classique. Des résultats excellents ont été obtenus qui ont contribué à obtenir tout récemment une autorisation de mise sur le marché (AMM) de l’ibrutinib pour le traitement en monothérapie de lymphomes B à cellules du manteau, et de la leucémie lymphoïde chronique, pour des patients en échec thérapeutique.

Ces résultats représentent une avancée thérapeutique majeure qui est aussi le fruit d’une coopération particulièrement efficace menée à Saint-Louis entre un service clinique et un centre de recherche clinique, en particulier le CIRCO (Centre d’Investigations et de Recherche Clinique en Oncologie), structure d’appui aux investigateurs en Oncologie dirigée par Mme Laurence Culine.

*L’ibrutinib est un inhibiteur de la tyrosine kinase de Bruton, une molécule impliquée dans la survie et la prolifération des cellules tumorales. Le blockage de la kinase favorise le passage des cellules dans la circulation où elles sont éliminées.

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